21 décembre 2013

QUI ME TROTTINE PAR LA CABOCHE

QUI ME TROTTINE PAR LA CABOCHE 1.Une tête flottant au-dessus d'un cheval sans pattes, voilà tout mon Bonaparte, celui qui me trottine la caboche. 2.Tiré d'une traduction de Sophocle : "intercéder pour des coeurs"; "faire le procès de son père"; voir "s'ouvrir l'oeil sacré du jour" (Sophocle, Antigone, traduction par Robert Pignarre, revue par Charles Guittard). 3.Intercéder pour des coeurs ? - Autant intercéder pour des prunes. 4.La psychanalyse a fait le procès du Père, de la Mère, du Saint-Esprit, du réel et de l'irréel et,... [Lire la suite]

21 décembre 2013

SONGE-CREUX PEUT-ÊTRE

SONGE-CREUX PEUT-ÊTRE 1.Expressions tirées de Tristan Corbière : être un "hystérique du ténébreux"; "en lire mourir" ; "se sentir de la jalousie" (cf "Un jeune qui s'en va", Les Amours jaunes). 2.Il n'a jamais, je crois, manqué d'hystériques du ténébreux, d'agitateurs de crânes. Mais le cinéma contemporain, par tous les possibles de l'image, les honore de palmes inédites. 3.Je m'étonne que certains achètent des romans pour y lire du mourir. Il y a déjà tant d'occasions de s'attrister. 4.On est de la jalousie comme on est d'une... [Lire la suite]
15 décembre 2013

MON JEU N'EST PAS TON JEU

MON JEU N'EST PAS TON JEU 1.Quoi que l'on fasse, l'on mène notre jeu face à, et d'abord face à soi-même. Et face à dieu. Et face à l'autre, cet autre pas moi. 2.Ce n'est que par convention que les règles sont les mêmes. Mon jeu n'est pas ton jeu. D'ailleurs, l'un au moins triche. 3.Sire, la faim vous colle au palais; zavez les dents qui grimpent aux rideaux; la bave vous trempe la barbe. 4.Ne te sens-tu pas déjà étrange depuis qu'à travers toi passent leurs yeux ? 5. Tantôt nos apparences leur sautent aux yeux, tantôt leurs yeux... [Lire la suite]
15 décembre 2013

SEPARATION DU SONNET ET AUTRES EPARS

SEPARATION DU SONNET ET AUTRES EPARS 1. La fenêtre roule ses clopes de givreDont les cendres étincellent sur le sol 2.SolEn jaillit la girafe aux flammes, les flammesAllongeant leur cou vers les ponts lointains. 3.L'oeil à la fenêtre a cessé de fumer;Il ne dissipe pas le visage blanc; 4.Visage blanc,Boule de lune, pâte à pain, four à cielSous lequel se poursuivent les ponts lointains. 5.Quel est ce saxophone qui vient jeterSa blonde aux pavillons oui quel saxophone ? 6.Puisqu'ici nul ne joue et y a pas d'oreillesSaxophone... [Lire la suite]
14 décembre 2013

PETITES BOITES GRIFFUES

PETITES BOITES GRIFFUES 1.A l'instar de Baudelaire, parfois, quand j'écoute de la musique, une grande activité maritime me prend, mais cela ne dure pas: je n'ai ni le pied marin, ni l'oreille absolue. 2.Les génies marins, comme l'éclair, la patte du tigre, ou le rhinocéros jeté, frappent au premier coup d'oeil, et sinon, au second. 3.Quand les miroirs ne peuvent plus se contenir, qu'ils perdent leurs eaux, alors mes palais sont touchés par des inondations. 4.Aux écoles hors d'usage, le temps des assassins, avec des faces de craie... [Lire la suite]
14 décembre 2013

SUR L'INFINI DES FORMULES

SUR L'INFINI DES FORMULES 1.Le problème dans la morale, c'est l'autre. Ah combien serions-nous éthiquement irréprochables si nous étions seuls ! Cela, Dieu l'a parfaitement compris. 2.Le "Grand Architecte de l'Univers" ? - Une poutre ! 3.Les dieux antiques étaient bien trop nombreux pour être moraux. 4.Dieu a créé l'humain pour se rappeler ce qu'est le désordre. 5."Les exemples vivants sont d'un autre pouvoir"(Corneille, Le Cid) - "Effectivement, et quel foutoir !" (Dieu dixit) 6.Qu'il y ait pire que soi n'est même pas une... [Lire la suite]

14 décembre 2013

LE TEMPS SE PLAINT-IL ?

LE TEMPS SE PLAINT-IL ? 1.On fait d'l'énigme des fois; on dépose du sphinx au coeur des choses, pour les rendre un peu plus intéressantes, alors que. 2.J'ai parfois pensé qu'une analyse spectrale était une analyse des fantômes qui courent le monde. 3.Les mesures qui alignent leurs têtes noires et blanches, sont-elles les bateaux de nos fantômes ? 4.Entendu à la radio que la gauche, par tradition, se méfiait de la figure du grand homme au profit de l'honnête citoyen, se méfiait de l'exception au nom d'une norme que, par ailleurs,... [Lire la suite]
10 décembre 2013

EN DEPIT DE SES FAIBLESSES

EN DEPIT DE SES FAIBLESSES 1.J'écris pour ne pas m'oublier. 2.A la fin du XIXème siècle, la ville de Canton était à quarante jours  de New-York : phrase-outil pour rappeler que le temps mis pour est une donnée historique. 3.Sans doute viendra-t-il un temps où certains éléments du gaullisme seront considérés comme révolutionnaires. 4."faire en vain campagne" : la politique est pleine de ces champs de vanité, les défaites électorales. 5.La crise des "Bonnets rouges" en 2013 : une fronde de la périphérie. 6.Nous promettons... [Lire la suite]
10 décembre 2013

QUINTE DE TOUCHES

QUINTE DE TOUCHES 1.Cette phrase de la plume de Philippe Azoury : "David Bowie est effectivement tant et tant de choses à la fois que David Bowie n'est pas." Un genre de paradoxe, cette phrase, que l'on n'épuise pas si facilement, ce "tant et tant" étant à la fois porteur et destructeur du sujet, comme si celui-ci s'émiettait dans toutes ces choses qu'il est censé être. 2."David Bowie est effectivement tant et tant de choses à la fois que David Bowie n'est pas." (Philippe Azoury). Le beau et talentueux Bowie est-il un chef d'oeuvre... [Lire la suite]
08 décembre 2013

UNE ODYSSEE INUTILE

UNE ODYSSEE INUTILENotes sur un passage de la page 48 du volume "Ecartèlement", de Cioran (Gallimard, 1979) "L'histoire, odyssée inutile, n'a pas d'excuse..."(Cioran) 1.Le réel, un équilibre des couteaux. 2."Autant dire qu'il eût été préférable qu'il n'eût pas lieu." (Cioran, L'Ecartèlement, Gallimard, p.48) Comme dans cette proposition, l'impersonnel remplace Dieu et tend à prouver que la langue se fiche de son créateur. 3.Dieu, cet infini derrière un pronom. 4.D'ailleurs, à "il est que" on peut flanquer une infinité de "il est... [Lire la suite]