08 avril 2013

EN MÂCHANT LE CHIEN NOIR

EN MÂCHANT LE CHIEN NOIR 1."la vitre cachée / Qui rit là-bas..." (Rimbaud, Les Réparties de Nina) : Faire rire les vitres, une prouesse de l'Alchimie du Verbe sans doute. 2."Ont-elles bu des cieux barbares" (Rimbaud, Les Mains de Jeanne-Marie) : que des mains puissent boire est déjà épatant, mais boire aux cieux barbares, ça en devient gothique : brunes donc, puisque ce sont "Mains sombres que l'été tanna", trempant leurs lèvres dans des cieux sanguins, ou tourmentés comme des pourchassés, les mains s'enivrent de quelque liqueur... [Lire la suite]

06 avril 2013

ET L'ON SAIT QUOI

ET L'ON SAIT QUOIEn écoutant le splendide, tonique, jazz Joe Jackson's Jumpin' Five. "Quant à ta mort, l'éclair aveugle en est en routeQui saura te choser, va, sans que tu t'en doutes."(Jules Laforgue, Complainte du Sage de Paris) Quant à toi, ma gueule, ma cligne de l'oeil, A l'heure où toc toc qui cogne à Ta carcasse, c'est laMort qui t'la saisira poudre à néantL'éclair Crack Dzim Boum !Aveugle comme l'amour, le glaive, le hasardEn éclairera la face figée elle ta face elle Est lividement surprise blafarde blême éberluéeEn est... [Lire la suite]
06 avril 2013

D'LA FLACHE

D'LA FLACHE"Si je désire une eau d'Europe, c'est la flacheNoire et froide où vers le crépuscule embaumé"(Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre) Si - si, Sissi, je vous assure, je vous kiffe !Je vous adore, mon trésor, mon mont d'or, vousDésire, ma lyre, mon rire, ma belle à mourir,Une fois par semaine au moins, quand ce n'est pasEau que je bois, mais liqueur à délirerD'Europe, ma vieille Europe époumonnée ;C'est que t'es toute usée, vieille fumeuse de cheminées !La nostalgie m'étreint alors comme d'l'accordéon ouFlache - quel coup de jazz... [Lire la suite]
06 avril 2013

POURQUOI EMMA N'AIMEZ-VOUS PAS MA MIRABELLE ?

POURQUOI EMMA N'AIMEZ-VOUS PAS MA MIRABELLE ? 1."Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes."(Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre) Mais - y a un mais à tout sauf à la mortVrai ah bin il est frais çui-làJ'ai - l'a-t-il fait exprès Arthur tous ces "ai" ?Trop - on désire jusqu'au trop après on râlePleuré bouh-ou ! ouin-ouin !Les voilà qu'elles s'avancent fières jeune fillesAubes ô aubes (j'écris ça pour moduler le son "o")Sont-ils poseurs ces poètes, et modulants donc ?Navrantes ; eh bien moi je suis déçu déçu déçu. 2."Toute... [Lire la suite]
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29 mars 2013

TÊTE DE CLOU

TÊTE DE CLOU 1."La musique souvent me prend comme une mer !"(Baudelaire, La Musique) La bestiole à sons qu'on ditMusique celle-là qu'arrête pas de jaser Souvent souvent souvent dans les trous du ventMe vient comme un spectre à trompette quiPrend un chorus comme on prend un train A par exempleComme par exemple When The Saints ou Saint JamesUne de ces entêtantes qui vous tangue tandis que laMer tangue au bout d'la rue et danse et swingue. 2."Vers ma pâle étoile"(Baudelaire, La Musique) Vers le verre où danse le fantôme du vinMa... [Lire la suite]
22 mars 2013

COMME TOUT A RIEN

COMME TOUT A RIEN "Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses"(Baudelaire, Le Balcon) 1."Je sais". Narrateur savant. Tout narrateur est savant, au moins de ce qu'il a à raconter, même si ce sont mensonges et sottises. Du reste, l'humain a la science du mensonge, cette manière de faire diverger le langage du référent, de donner au référent une existence fictive. 2."l'art". L'art et la manière (de). "Je sais l'art" et cochon. Passons. Avoir l'air d'avoir l'art, d'être capable de travailler l'esthétique du réel. Comme cézigue... [Lire la suite]

19 mars 2013

QU'UN

QU'UN "qu'un labyrinthe est le plus court chemin d'un chapitre premier au mot fin."(San-Antonio / Frédéric Dard, Meurs pas, on a du monde, Fleuve Noir n°103, p.103) Qu'un, j'aime ce palatal à nasale qu'a l'air de grincerLabyrinthe, façon électro-acousmatique énigme et bizarres sonsEst-il plus grand labyrinthe que le coeur des hommesLe plus grand des labyrinthes en vérité Plus que lui-même l'humain un infini qui  Court d'un point à un autre suivant unChemin qu'il croit avoir choisi D'un jour à l'autre pourtant voilà que... [Lire la suite]
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16 mars 2013

AVEC D'ETRANGES SECRETS DE FRONTIERE

AVEC D'ETRANGES SECRETS DE FRONTIERE "Therefore, as One returned, I feel,Odd secrets of the line to tell !"(Emily Dickinson, "Just lost, when I was saved") "Et donc, en Revenante, je me sens,Avec d'étranges secrets de frontière à révéler !"(traduction : Claire Malroux, in "Emily Dickinson, Car l'adieu, c'est la nuit, Poésie/Gallimard, édition bilingue, p.53). Therefore, donc c'est du doncAs, ce qui annonce une version de soi en autreOne, au milieu du vers d'Emily ce mot OneReturned, la traduction la présente en RevenanteI, I c'est... [Lire la suite]
16 mars 2013

ONE C'EST DEJA QUELQUE CHOSE

ONE C'EST DEJA QUELQUE CHOSEEn écoutant le Modern Jazz Quartet dont j'aime tant le vibraphone (Milt Jackson), et le piano (John Lewis) et la contrebasse (Percy Heath) et la batterie (Connie Kay). "One need not be a Chamber - to be Haunted -One need to be a House -The Brain has Corridors - surpassingMaterial Place -"(Emily Dickinson, "One need to be a Chamber", in Emily Dickinson, "Car l'adieu, c'est la nuit", Poésie/Gallimard, édition bilingue). One c'est déjà quelque choseNeed one need dès qu'il y a du un il y a autre choseNot not... [Lire la suite]
05 février 2013

GLAS GLAS GLAS

GLAS ! GLAS ! GLAS ! "Glas ! Glas ! Glas sur vous tous, néant sur les vivants !"(Henri Michaux, Contre !) Glas ! Glas ! ça fait froid çaGlas ! Glas ! sons froids que ces Glas ! Glas ! Glas là !sur la terre froide et noire entendezvous le Glas ! Glas ! Glas des clochestous les jours en entend c'est lenéant qui appelle Glas ! Glas ! Glas ! (fait des dents)sur la terre des clochers le néant appelle c'est étonnantles choses sont pour ne plus être lesvivants sont déjà morts quelque part toujours. DANS LE LABYRINTHE "Dans le labyrinthe... [Lire la suite]