21 février 2017

QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM CACHEZ VOS BOEUFS DIT L'OGRE

QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM CACHEZ VOS BOEUFS DIT L'OGRE   1. QUAND JE ME LEVE J'AI FAIM   « quand le matin aurait secoué ses bouquets de givre sur mes vitres gelées » (Aloysius Bertrand, « Ma chaumière »)   Quand je me lève j'ai faim car Le matin j'ai faim chaque Matin j'ai faim que le matin il Aurait beau dire (mais le matin c'est rare qu'il cause) mais quand j'ai Secoué le colosse faut qu'je mange un truc avec un os dedans ah il a Ses crocs l'ogre de mon stomac qu'il croquerait bien ... [Lire la suite]

21 février 2017

PENDANT QUE PURULE LA ROSE

PENDANT QUE PURULE LA ROSE   Notes sur le poème « Le rêveur » de Jacob Van Hoddis tel qu'il a été publié dans une traduction de Arp et Hugnet in André Breton, « Anthologie de l'humour noir ».   1. Le poème - ce bout de chose écrite qui prétend à l'être – commence par la mention d'une « nuit bleu-vert » et pourquoi pas rouge baiser.   Quand j'écris la nuit rouge baiser Le Baiser de la Femme Araignée me vient à l'esprit qui est le titre d'un film que je n'ai pas vu.   2. Le poème –... [Lire la suite]
20 février 2017

DEUX CHANSONS MAL FICHUES

DEUX CHANSONS MAL FICHUESCHANSON MAL FICHUE MAIS QUAND MÊMEDes fois que rien n'aurait plus de sensque j'traînerais ma carcasse à travers moicomme un fantôme traverse la pluiecomme un fantôme traverse la pluieDes fois que j'écouterais « Cowboys and Angels »entre deux bières en traînant dans ma maison spectrey a comme un chanteur mort qui plane dans l'airy a comme un chanteur mort qui plane dans l'airDes fois qu'le clown invisible m'aurait piqué tout l'humourDes fois qu'le chien d'l'hiver m'aurait rongé tous les ossesceux... [Lire la suite]
05 février 2017

QUELQUE PART DANS LA LANGUE

QUELQUE PART DANS LA LANGUE   1. Non je n'aime guère mes contemporains et je n'aime guère ceux qui vinrent et je ne regarde ceux qui arrivent que d'un œil méfiant ; ne suis rien qui vaille que le peu de mes brefs ; pas sympathique non, et pas vraiment gentil et pas vraiment méchant ; je me hausse les épaules quoi.   2. Ah c'est embêtant, à chaque fois que je mange des pommes cuites, je rêve de pommier foudroyé.   3. Le passé, c'est une collection de présents qu'invente l'historien, lequel est... [Lire la suite]
05 février 2017

CE QUI NOUS TROUBLAIT LE PLUS

CE QUI NOUS TROUBLAIT LE PLUS   « C'est quand même le miracle de l'invisible, la littérature. » (Alain Finkielkraut, émission « Répliques » du samedi 21.01.2017, France Culture)   1. « Ce qui nous troublait le plus, c’était notre ignorance totale de l’aspect sous lequel se manifesterait la chose. » (H.P. Lovecraft traduit par Yves Rivière, « La maison maudite » in « Je suis d’ailleurs », Denoël, coll. « Présence du futur »)   Heureusement que c’est une... [Lire la suite]
05 février 2017

LA CHASSE AU CANARD SUIVI DE TROIS TRUCHELLES

LA CHASSE AU CANARD SUIVI DE TROIS TRUCHELLESLe mot « truchelles » est un mot fort utile que je viens d'inventer pour l'occasion. Il se met toujours au pluriel, sauf quand il se met au singulier, et c'est alors qu'il change de genre : un trucheau (masc. sing.), des truchelles (fém. pl.).1.LA CHASSE AU CANARDLa chasse au canard c'est chouette mais quand laNuit est vraiment toute noire on ne peut pas chasser le canardEt ça m'ennuie vraiment de ne pas pouvoir chasser le canardCe qu'il y a alors c'est que ma tête est pleine... [Lire la suite]

01 février 2017

J'ECRIS PARCE QUE JE PREFERERAIS NE PAS

J'ECRIS PARCE QUE JE PREFERERAIS NE PAS   1. J'écris parce que je préférerais ne pas.   2. Avec ma parka à capuche et mon chien malade, je me fais l'effet du moine gelé de la vieille légende que je n'ai pas encore écrite.   3. J'écris parce que les mots me manquent.   4. J'écris parce que c'est la seule chose que.   5. J'écris parce que j'aime.   6. Des fois je panique dedans ma tête que le singe de la jungle de ma tête il ne sait plus où est passé l'homme dans toute cette agitation là. ... [Lire la suite]
16 janvier 2017

JE LES VOIS MOI ET JE ME DEMANDE

JE LES VOIS MOI ET JE ME DEMANDE1.Au hasard des pages, je tombe sur cette définitive : « Il est dangereux de jouer avec l'acide cyanhydrique… et tout le monde le sait ! ».cf « Meurtre au champagne » d'Agatha Christie, adapté par Michel Le Houbie, p.109, Club des Masques n°20.2.Il est assez tentant de faire suivre l'adjectif « mystérieux » par cet autre adjectif : « sacré ». Surtout au féminin. Strange n'est-ce ?3.« Suspendue au-dessus de toiDans un hélicoptèreUn... [Lire la suite]
14 janvier 2017

CORNEILLERIES EN FEUILLETANT MÉDÉE

CORNEILLERIES EN FEUILLETANT MÉDÉE   1. « Et de si longue main je connais ta prudence » (Corneille, « Médée », v.753 [Jason])   En français classique, l'expression « de si longue main » signifie « depuis longtemps » ah tiens il ne neige plus.   De si longue main ça veut dire depuis longtemps qu'on a l'impression d'une longue longue main glissant le long du temps.   Quand je lis l'expression « de si longue main » je songe une longue main se glissant dans... [Lire la suite]
12 janvier 2017

AUTRES BREFS QU'IL FAIT FROID TOUJOURS

AUTRES BREFS QU'IL FAIT FROID TOUJOURS   1. Soudain il se retira entraînant avec lui tout le réel qui se débina dans tous les sens et le monde ne fut plus que chaos.   Que des fois on entend « This Town Ai'nt Big Enough For Both Of Us » des Sparks qu'on se sent tout l'réel là nous frissonner dessus la peau.   Moi je me dis que l'anglo/américain du rock, ça doit être quelque chose comme la langue des fantômes familiers qui se fichent d'ma pomme.   2. Le train s'arrêta prit une bière et repartit.... [Lire la suite]