BLOG LITTERAIRE

Notes et commentaires de quelques pages célèbres (ou non!), coups de plume et fantaisies diverses...

30 novembre 2007

MAIN LEVEE

MAIN LEVEE

La main levée fragile dans l’air constituait l’idée même du mouvement suspendu auquel il associait lorsque, dans le flux des images qui à chaque instant venait à sa mémoire à la manière de la lumière traversant l’ombre ou du sable coulant dans le sablier, non comme un souvenir authentique mais comme l’apparence d’un souvenir authentique (au moment où il écrivait ces lignes il était tenté d’utiliser le terme illusion ou encore apparaître ou en y réfléchissant le terme mirage) auquel il associait l’impératif viens comme si cette main levée fragile dans l’air n’était pas autre chose qu’un appel un signe de ralliement le symbole d’une amitié d’il y a longtemps, d’une invite personnelle à laquelle il n’arrivait pas à donner de visage bien défini quoique dans cette collection de vignettes fantômes qui lui fréquentait la cafetière (terme populaire qu’il affectionnait pour évoquer sa tête cette boîte à conscience où les vignettes les figures les silhouettes et les acteurs semblaient se répondre sans cesse en un rébus infini et indéchiffrable) une chevelure blonde, d’un blond de soleil ou de céréales lui semblait alors l’expression la plus adéquate pour signifier ce soyeux des lignes cette souplesse de la matière faite d’innombrables parallèles ondoyant alternant jaune beige et marron clair masquant presque entièrement le visage vu de profil - ce balai de lignes descendant d’ailleurs en diagonale et de droite à gauche - et comme si cela avait une importance particulière et se devait d’être souligné comme on souligne l’acuité d’un regard ou la perspicacité d’un point de vue, masquant singulièrement les yeux.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 30 novembre 2007

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26 novembre 2007

QUE NUL N'ENTRE ICI

QUE NUL N'ENTRE ICI

Entendu hier, dimanche 25 novembre 2007, sur France 2  (Journal Télévisé) que dans certains des Lycées de notre si libérale France des arts et des lois, quelques élèves, intégristes chrétiens ou fondamentalistes musulmans,  manifestaient leur mécontentement en claquant la porte des cours où étaient abordés le darwinisme et la question de l'évolution des espèces.
Evidemment, claquer la porte est une manière de clore le débat.
Du reste, rares sont les intégristes et autres fanatisés du créationnisme, pour lesquels Dieu a tout fait d'un coup : la Femme, l'Homme, la Pomme, le PMU, les émeutes en banlieue et Philippe Meirieu, rares sont-ils, parmi ces zélès serviteurs de la foi, ceux qui acceptent de débattre.
D'ailleurs, en ce qui concerne l'histoire de la science, au niveau du Lycée, franchement, y a-t-il lieu de débattre ?
J'ai entendu dans le même Journal Télévisé une très bonne âme, un pressenti du ministère pour prêcher la bonne parole, affirmer que l'on pouvait s'en tirer en faisant remarquer en introduction au cours que, - je cite de mémoire - : "Si pour Darwin, l'Homme vient de la Nature, le même Darwin ne se prononce pas sur l'origine de cette Nature."
Jésuitisme ! fallaciosité abominable ! Salsifiesque proposition que celle qui donne à penser qu'un simple artifice oratoire suffirait à enrayer la promotion de la pure opinion comme vérité en-soi.
On ne négocie pas avec le Diable, surtout s'il porte la petite moustache ou la barbe.
On ne négocie pas avec le Diable ! S'il veut sortir de la boîte, qu'il sorte et n'y revienne que montrant patte blanche !
Du coup, je pense que, dès qu'ils ont claqué la porte, ces jeunes gens si sûrs de leur bon droit, eh bien, cette porte claquée doit leur rester fermée tant qu'ils ne se sont pas excusés de leur conduite et accepté de mettre leurs croyances et autres superstitions entre parenthèses (tout au moins le temps du cours).
Vous savez quoi ? je pense qu'il faudrait inscrire au fronton de nos Lycées cette formidable maxime qui fit les beaux jours de nos cours du temps où les Lycées n'étaient pas encore devenus des garderies de luxe :"QUE NUL N'ENTRE ICI S'IL N'EST GEOMETRE".
Personne n'y perdra, je vous l'assure, sauf les incurables.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 27 novembre 2007
 

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BLANCHE 1

BLANCHE

1.

Là, à mesure
de la ville
le pas plus hésitant.

Parmi les hommes et
leurs costumes
le regard des certitudes
leurs yeux égarés parfois.

La lumière
casse et transperce
ces lignes fluides
de juillet
ces passes
d'ombre
dans les flaques.

Tu ne te
reconnais pas
dans la pierre
de la peau.

Alors tu rentres
dans ce bistro
où des visages
rouge brique
parlent haut
et te rappellent
à l'humain.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 26 novembre 2007

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25 novembre 2007

"GAGNANT-GAGNANT"

"GAGNANT-GAGNANT"

A 13 heures, au journal télévisé de France 2, à propos du voyage de Nicolas Sarkozy en Chine, fut évoqué par le présentateur l'objectif d'un "partenariat gagnant-gagnant".
Sûr que si c'est pour aller signer un "partenariat perdant-gagnant", ou même "perdant-perdant", c'est peut-être pas la peine de se déplacer.
C'est-y pas que, parfois, la télévision nous prendrait pour des gnangnans ?

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 novembre 2007

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A NOUS FAIRE LES PIEDS (leçon)

A NOUS FAIRE LES PIEDS (leçon)

Nuit d'éclats noirs où il semble que le feu promette
- Je n’ai plus de briquet et craque une allumette
Dans l'oeil et son dépit quelque miracle bleu
- Mais c’est un doigt d’honneur qu’il nous fait le Bon Dieu !
La neige abandonne sa robe aux mains des murs
De jeunes indiennes dansent dans l’azur
De leurs hanches viendront comme des arcs tendus
Les aubes les voleurs les princes et les nus.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 25 novembre 2007

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23 novembre 2007

GLOPéS LES DIEUX !

GLOPéS LES DIEUX !

"Les dieux n'ont pas voulu qu'il vous ait rencontrée"
  (Racine, Iphigénie, vers 1230)

Les vents effacent les faces des
Dieux et les tombes se brisent
N'ont-ils que leur légende pour se survivre, ces dieux là !
Pas un jour sans sa tête de loup ; c'est qu'on en a tant
Voulu de ces dieux de foudre et de tonnerre Crack !
Qu'il tonne le ciel Boum ! qu'il tombe par terre
Vous voilà oubliés Uh ! laissés au temps... Le Zeus, qu'il
Ait bouffé la grenouille à Charon n'est pas douteux !
Rencontrée, la bouche de la nuit - miam ! - glopés, les dieux !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 novembre 2007

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LA FÊTE AUX NEUNEUS 2007

LA FÊTE AUX NEUNEUS 2007

Je l'ai vu, vendredi 23 novembre, allez c'est la grève ! Lycées bloqués ! Allez ! pétards et bricoles à étincelles ! c'est qu'on peut les secouer, les grilles ! Allez ! On conteste ! "A bas la loi Fillon !" que je lis sur une pancarte ! Ah il est en avance, le gazier ! Allez ! Faut les perturber, les cours, faut passer les grilles, courir dans les couloirs, brom-brom-brom, beuglant comme des veaux ! apeurant la minette ! Allez ! Qu'ça s'ameute ! Qu'ça perturbe ! C'est nous qu'on est qu'on est les Lycéens, les "étudiants" comme on dit maintenant qu'on a quitté les jupes du collège unique ! Allez ! c'est nous qu'on est les rois ! C'est le règne de l'enfant-roi ! Ils l'ont assez dit, assez dénoncé, les psychos d'la télé avec leurs bouquins pour gondoles de grandes surfaces et nunucheries de France Inter ! L'enfant tyran est là, revendicatif, agressif, frustré ! Il veut sa ration de lutte ! Peu importe la cause ! Trop mous, les profs, trop gonzesses ! Il nous faut du contestable ! Qu'on puisse s'affirmer un peu ! Allez ! On va aller en ville ! faut la gêner, la circulation des contribuables ! Faut qu'on nous voye ! On n'est pas que des statistiques en hausse dans le délire des 80% au niveau du bac ! Allez ! On est d'la chair aussi, d'la gueulance, d'l'envie de boire un coup, de s'peloter, de finquer la camel ou la marlboro tranquillou sans qu'ils nous viennent chercher des poux, les hygiénistes à plus un poil sur le caillou ! Allez ! C'est mort ! V'là les flics ! grilles fermées... Il en tire une gueule, le proviseur ! J'l'ai vu, ça moi, pas l'inspecteur des profs sans doute, occupé du niveau qui monte qu'il est trop, des comptes à rendre, des citations à faire, c'est qu'il n'est pas n'importe qui, lui, vu qu'il est inspecteur ! Pas grave, il le lira dans le Nouvel Obs ou Libé avec un commentaire de BHL, de Finkielkraut ou de Meirieu (Philippe) ! Allez ! C'est mort ! on s'arrache ! Au bahut suivant! Ou dans le centre ! Faut pas louper le bus quand même ! Sinon on est mort - c'est clair !

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 23 novembre 2007 

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21 novembre 2007

LES IMPUDIQUES

LES IMPUDIQUES

Il y a une très grande mauvaise foi à arguer de son "haut niveau d'études" (1) pour se plaindre de son traitement. C'est à la fois affirmer sa grande autosatisfaction et manquer de savoir-vivre.
C'est là une manie du secteur public et l'on assiste réguliérement à la télévision à ce spectacle grotesque d'enseignants titulaires affirmer sans rire qu'ils ne gagnent que 1600 euros par mois (traitement d'un professeur des écoles), que 1900 euros par mois (traitement d'un professeur certifié au bout de dix ans de carrière) (2).
C'est à ce ridicule auquel, hier, veille de grève de la fonction publique, nous avons assisté au journal de je ne sais plus quelle chaîne (France 2 je crois). Certains, -j'ai entendu ça à la radio dans un café où j'attendais mon servive minimum pour pouvoir enfin rentrer chez moi-,  osent même affirmer que leurs vacances seraient en fait des "congés sans solde", leur traitement étant, d'après eux, calculé sur les jours travaillés. C'est vrai que de n'être payé que 1600 euros, que 1900 euros à la fin du mois d'août alors qu'on rentre de vacances où on s'est bien "éclaté" mais où on en a quand même "claqué du fric" est un scandale inouï (3) (4) : je vais en parler aux gens que je connais, qui ont eux aussi un bac + 4 et qui gagnent à peine un peu plus que le SMIG dans un secteur privé où l'on se fiche bien de leur "haut niveau d'études".
Je vais en parler aussi à ce couple  avec enfants qui touche 1000 euros par mois (le mari seul travaille)  et qui, faute de logement, est obligé de vivre dans un hôtel d'où il sera bientôt expulsé, reportage diffusé dans le même Journal Télévisé et passé dix minutes après que les joyeux syndiqués ont eu l'indécence de pleurnicher sur leur sort.
Je ne parlerai pas pourtant de cette mère de famille d'Hazebrouck qui jadis s'est vue refuser un billet de cinquante francs par un banquier lequel a le culot maintenant de sonner tous les ans à sa porte, et béret folklorique sur sa tête d'oeuf, voudrait lui fourguer une saloperie de calendrier d'association à la mords-moi la frite, je te dirai si t'en es un.
Ni de cette autre mère de famille que j'ai vu pleurer parce qu'il lui restait cinq francs en tout et pour tout dans le porte-monnaie pour faire les huit derniers jours du mois.
Je n'en parlerai pas. Les gens simples ont souvent de ces pudeurs que les grotesques à diplômes ignorent.

Ceci dit, il est vrai que, si l'on vit et travaille à Paris, on sait que 1600 euros c'est en effet vite parti, - c'est même sans doute à peine suffisant -, alors même que l'on peut vivre correctement avec 1600 euros dans une petite ville de province. J'en suis tout à fait conscient et pense que la situation géographique des agents de l'Etat devrait être mieux prise en compte qu'elle ne l'est actuellement (par le biais de primes par exemple).
Il existait, il y a quelques années - déjà !, des primes pour les enseignants qui acceptaient (ou qui y étaient contraints) de travailler dans des zones difficiles (les Zones d'Education Prioritaire). Pour des raisons d'économie de bouts de chandelle (5), ces primes avaient été supprimées. (D'après ce que je comprends, elles sont de nouveau accordées). Or, s'il est vrai que je me moque des plaintes de l'enseignant d'un Lycée général tranquille qui ne gagnerait que 1900 euros par mois, j'estime qu'un professeur qui accepte de travailler dans des conditions telles que sa santé puisse être mise à mal ne sera jamais assez bien payé de ses services. Il était légitime de rétablir ces primes que j'ai envie d'appeler "primes à la casse" puisque j'en ai quand même vu plus d'un, de professeur en zone difficile, usé, fatigué, en proie au doute et multipliant les arrêts maladie. Ces enseignants-là, oui, sont fondés à se plaindre et il est grand temps que l'on reconnaisse un peu mieux le service qu'ils rendent à la nation (par le biais de primes, d'avancements plus rapides, etc...).
Quand j'apprends aussi qu'un ouvrier de maintenance expérimenté de la SNCF gagne 1300 euros par mois, je comprends mieux ses inquiétudes et considère en effet que, là aussi, il y a un effort à faire.

Notes :
(1) D'autant plus qu'en France, actuellement, l'expression "haut niveau d'études" ne signifie plus grand chose. Les universitaires des "sciences humaines" ayant réussi à faire croire qu'ils étaient indispensables à la société toute entière, ils ont tant fait que, maintenant, les emplois déqualifiés se multiplient et il est de plus en courant de voir des gens sortir des universités dites de "sciences humaines" avec tout un lot de diplômes et beaucoup d'illusions.
(2) Evidemment, dans ce genre de reportage, on ne sait pas combien gagne la personne qui partage leur vie (c'est que j'en connais, moi, des professeurs qui ne gagnent que 1600 euros, que 1900 euros et qui sont mariés à un médecin, ou à un avocat, ou à un cadre sup', ou à un autre professeur qui ne gagne que 1600 euros, que 1900 euros). Ne sont pas évoqués non plus les avantages type repas pris à la cantine, carte professionnelle, heures sup', cours particuliers, primes diverses (celle de "suivi et d'orientation" par exemple versée tous les trois mois, hormis les mois de vacances évidemment mais je suis sûr que cette lacune en chagrine certains !).
(3) L'un des deux intervenants s'est même choqué du fait qu'il finissait chaque mois "à découvert" ! Mais la moitié des Français finit le mois "à découvert !". Et pour beaucoup, leur découvert commence certainement bien plus tôt que pour toi, ô hautement diplômé ! Ô Excellence de nos Universités ! Ô Garant de l'Universalité des Valeurs Républicaines du SNES (célèbre syndicat autosuffisant), du Cahier de Textes et des heures de colle réunis !
(4) Et que l'on ne vienne pas me faire le coup du : "Mais moi, pendant mes vacances, je travaille, je prépare mes cours !" car, franchement, cela ne concerne qu'assez peu de monde et, à moins d'être maso ou complétement nunuche, il y a mieux à faire dans la vie que de passer ses vacances à suer sur des préps lesquelles, de toute façon, pour beaucoup d'entre elles, et à condition, certes, d'être rafraîchies, réactualisées, mises à jour, peuvent servir plusieurs années de suite.
(5) Spécialité française : les économies de bouts de chandelle ! On tente de supprimer les primes ZEP parce que, vous comprenez, "déséquilibre budgétaire blablabla et que va dire Bruxelles blablabla et Alain Minc blablabla et La Bourse blablabla" et on se dépêche de nommer un ministre de la santé, qui va mettre en place un "dossier médical personnalisé" qui a déjà coûté bonbon et dont on nous dit maintenant qu'il est en train de partir en couille !

Patrice Houzeau
Le 21 novembre 2007

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20 novembre 2007

DE L'INVENTION MALIGNE

DE L'INVENTION MALIGNE

       Nox et solitudo plenae sunt diabolo.
       (Les Pères de l'Eglise cité par Aloysius Bertrand)

       Tu sais
       que chaque jour
       tu renoueras la lutte
      
(Marie-Anne Schönfeld, Solitude in Frida?)

Toute lutte est ontologique. L'être ne peut se contenter d'être étant. Il lui faut être en action, en lutte contre ce qui lui apparaît nuisible et pour ce qu'il considére comme une cause (1). Cet adversaire, il le nomme diable et cherche non à le renvoyer au néant mais à le maîtriser. Or, le diable est celui qui échappe à toute maîtrise. L'être n'en finit donc pas de lutter, d'être en action.
L'être qui se fascine pour son statut d'étant renonce justement à être en tant que sujet. Il abdique sa conscience au profit du diable, l'illusion de la maîtrise de soi. Araignée devenue folle, elle, conscience fascinée, finit par mourir étouffée par sa propre toile. Les nazis ont tenté sans doute de se confondre avec cet être diabolique qui étouffe les sujets, en fait des outils de qualité supérieure. La roue folle de leur drapeau s'est mise à tourner de plus en plus vite et les a écrasés ; les outils sont redevenus des hommes et ont fondé l'Allemagne moderne.
Cette fascination de l'être pour lui-même est si puissante que pour s'en échapper, s'en sauver, beaucoup ont recours au suicide, au meurtre de son propre être devenu diable. Ainsi la maîtrise absolue de soi ne serait jamais qu'être mort puisqu'il n'y a plus alors de lutte possible, le Maître renonçant à risquer sa maîtrise dans ce qui n'est jamais qu'une aventure (2) : le dragon à vaincre, l'âme ou le corps à sauver, le graal à trouver.

Notes :
(1)
Le mot "cause" désigne aussi l'objet d'un contrat. Un contrat, - un "pacte" disaient les romantiques -, est ainsi signé avec le diable : tu me permets de vivre si je puis te combattre. Chacun y trouve sa part : l'être entre en lutte, seule condition de sa persistance, et fonde simultanément l'esprit du mal, la part diabolique du monde.  Le récit fantastique et la multiplication des symboles diaboliques (films d'épouvante, mode gothique, légendes et superstitions, et l'etcetera de toutes les ruses du Malin) rappelle sans cesse à l'être qu'il est en compte avec le diable. En droit, une cause illégitime rompt le contrat. C'est ce que ne cessent de répéter les Eglises. Mais comme l'être ne peut se contenter de l'éternel renvoi à lui-même, il a fallu donc substituer à la figure diabolique une figure bénéfique : celle du Sauveur, du prophète, du messie, que l'on ne peut d'ailleurs pas plus maîtriser que l'on ne peut maîtriser le diable n'étant jamais, nous autres, que de "pauvres pécheurs". D'où vient aussi sans doute le caractère surprenant, paradoxal, de certaines positions attribuées au Christ des Evangiles.

(2) D'où sans doute le caractère imparfait des héros de chevalerie qui, tantôt sont menacés par la folie ou se prennent de passion amoureuse. Leurs épreuves attestent qu'ils ont non leur maîtrise à prouver, mais à acquérir. Les chevaliers sont éternellement en devenir. Le chevalier le plus pur serait celui qui trouve le graal. Le voilà Maître. Qu'a-t-il trouvé ? Que le sang du Christ était dans tous les corps comme il est dans la coupe. Le voilà qui sort de l'Histoire pour devenir figurine sainte, légendaire, enluminée. Le monde cependant continue de tourner et les hommes de lutter, comme si de rien n'était.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 20 novembre 2007

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19 novembre 2007

HEUREUX SONT-ILS

HEUREUX SONT-ILS

Heureux sont-ils les agitateurs d'instruments
Sont-ils heureux vraiment ceux qui manient les sons
Ils évoquent des mondes que nul ne peut dire
Les compositeurs les arrangeurs de fantômes
Orchestraux si puissants qu'ils vous feraient croire oh
Tempestaires naïfs que nous avons une âme.

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 19 novembre 2007

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