06 avril 2013

LE DIT DU CHIEN SUIVI DU DIT DU BOURRIN

LE DIT DU CHIEN SUIVI DU DIT DU BOURRIN LE DIT DU CHIEN "- Vous êtes cynique.- Je connais le monde, c'est tout."(Agatha Christie, traduit par Monique Thies, Les Ecuries d'Augias). Vous - ô vous mouvante émouvante -Êtes - êtes-vous ou alors je vous rêve -Cynique - lorsque les chiens se mettent à parler,Je les mets dans un tonneau avant qu'ils disent toi toiConnais toi toi-même Le monde est plein d'tonneaux qui aboient leMonde est plein d'tonneaux où je boisC'est trop y a trop d'tonneaux et de chiens Tout roule autour de moi qui... [Lire la suite]

06 avril 2013

D'LA FLACHE

D'LA FLACHE"Si je désire une eau d'Europe, c'est la flacheNoire et froide où vers le crépuscule embaumé"(Arthur Rimbaud, Le Bateau ivre) Si - si, Sissi, je vous assure, je vous kiffe !Je vous adore, mon trésor, mon mont d'or, vousDésire, ma lyre, mon rire, ma belle à mourir,Une fois par semaine au moins, quand ce n'est pasEau que je bois, mais liqueur à délirerD'Europe, ma vieille Europe époumonnée ;C'est que t'es toute usée, vieille fumeuse de cheminées !La nostalgie m'étreint alors comme d'l'accordéon ouFlache - quel coup de jazz... [Lire la suite]
23 mars 2013

ET QUI GAZOUILLAIENT DRÔLEMENT

ET QUI GAZOUILLAIENT DRÔLEMENT 1.Elle était aussi froide que la lune à la corvée de cimetière. 2.Le réel se nourrit de la promesse du réel. 3.Il rêvait tellement d'être là-bas que ses yeux fuyaient son visage, et qu'il lui fallait sans cesse les rattraper avant qu'ils se sauvent dans le je ne sais où du dehors. 4."Avec le temps, va, tout s'en va" dit l'une des plus belles chansons du siècle, et on a beau crier, appeler, appeler, appeler, rien ne revient. Le passé nous abandonne au présent. 5.Dans Apocalypse Now, de Francis Ford... [Lire la suite]
23 mars 2013

COMME UNE PUCE DANS UN JEU DE CHIENS

COMME UNE PUCE DANS UN JEU DE CHIENS 1.Il régnait un silence si sciant qu'on n'en avait plus de jambes. 2.Un jour, le soleil sera si mort qu'on ne sera pas là pour le voir; même que ce ne sera pas un jour, mais une nuit, et même que ce ne sera pas une nuit, mais une ténèbre. 3.Il était si mort que, déjà, les vautours frappaient au carreau. 4.Celui-là, il est si fondu qu'on pourrait l'étaler sur une crèpe. 5.Il y en a qui portent leur os comme une croix de verre. 6.J'ai beau me dire que mon chien a un regard intelligent, je... [Lire la suite]
03 février 2013

CELA M'EST NECESSAIRE

CELA M'EST NECESSAIREDe quelques bribes de La nuit remue, de Henri Michaux. "Quant aux livres, ils me harassent par-dessus tout. Je ne laisse pas un mot dans son sens ni même dans sa forme.  Je l'attrape et, après quelques efforts, je le déracine et le détourne définitivement du troupeau de l'auteur.  Dans un chapitre vous avez tout de suite des milliers de phrases et il faut que je les sabote toutes. Cela m'est nécessaire."(Henri Michaux, Une vie de chien). 1." des créations mentales" : Les créations mentales doivent être... [Lire la suite]
02 février 2013

GLISSER LA PLUME DANS SA POCHE

GLISSER LA PLUME DANS SA POCHEDe quelques bribes tirées du roman "Le Meurtre de Roger Ackroyd" d'Agatha Christie, traduit par Miriam Dou-Desportes, Le Livre de Poche n°617. - y attacher un peu trop d'importance : c'est toujours l'auteur qui décide de ce qui est important ou pas ; heureusement, on n'est pas obigé de le suivre.- prendre une mauvaise tournure : se dit d'une affaire, et dans le cas d'une énigme policière, pour qu'elle soit bien alambiquée, bien club des masques, il est nécessaire qu'à certains moments, l'affaire prenne... [Lire la suite]

01 février 2013

DES NOSTALGIES DE NOSTALGIES

DES NOSTALGIES DE NOSTALGIESDe quelques bribes de Jules Laforgue tirées des Complaintes et des "premiers poèmes". - un ciel pluvieux (ça mouille, faut prendre un parapluie ; ça fait poétique du nord aussi, genre ciel pluvieux dans des carreaux sales.)- une lune vagabonde (je me demande s'il y a eu un groupe de rock genre électrique à la Hendrix qui a jamais eu l'idée d'écrire un morceau bien énervé planant dont le titre serait Gypsy Moon.) - des mondes errants (ça va bien avec la lune vagabonde : des mondes errants sous des lunes... [Lire la suite]
27 janvier 2013

ET POUR TOUT DIRE A SA PLACE

ET POUR TOUT DIRE A SA PLACEDe quelques fragments tirés de "Gerard manley Hopkins, poèmes et proses", traduits par Pierre Leyris, Points/Seuil P1791. 1"Sweet flowers I carry, - sweets for bitter."(Gerard mankey Hopkins, For a picture of St. Dorothea)De douces fleurs : doux pour amer. J'aime ce glissement du doux à l'amer. Petite surprise qui dit bien que les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être, ou plutôt que le regard de l'observateur change le réel qui semble pourtant si intangiblement lui-même. 2."Nor fruit, nor... [Lire la suite]
27 janvier 2013

VOILA QUI VOUS RECONFORTE LE GRINCEMENT

VOILA QUI VOUS RECONFORTE LE GRINCEMENTFantaisies fragmentaires à propos de "Meurs pas on a du monde", chef d'oeuvre de San-Antonio/Frédéric Dard, Fleuve Noir n°103. 1.p.65. "Mais j'égare, disperse." : et même zut. 2. p.115. "Je parle un peu triste..." : On dirait le début d'un vers de la fin du XIXème, début du XXème, genre décadent picolo : "Je parle un peu triste et mon âme se lézarde,Quand je te vois si gauche et si pleine et hagarde,Gerber ton vin rouge dessus la place blanche,Car il a neigé, vois-tu ; t'as de grosses hanches."... [Lire la suite]
26 janvier 2013

ENTITES VAGUES

ENTITES VAGUESDe quelques bribes tirées de Les Chants de Maldoror, de Lautréamont. 1."que des entités vagues" : Des fois, les autres, on se dit qu'ils sont hantés par des entités vagues, des ensembles flous, des boules de gomme, des aliens en chewing-gum, et pourtant, ils sont si précis, les autres, si indiciblement précis. 2."en ayant l'oeil sur lui" : Au fond, nous nous méfions de Dieu. C'est si vrai que nous ne pouvons vivre qu'en gardant un oeil sur lui. 3.Lorsqu'on a l'oeil sur quelqu'un, se peut-il que cet oeil soit le... [Lire la suite]