TU ES MA TERRE

1.
Le réel, il finit par être foutu de vous rendre responsable; c'est d'ailleurs à ça qu'il sert.

2.
Puis on finit par faire une bêtise. Des fois, c'est au moins une, mais des fois, c'est une seule, très fatale.

3.
Le train de l'orthographe est bondé d'exceptions qui confirment la règle et que de grammaticales bêtes à cornes regardent passer.

4.
Acharné dans ses recherches, il finit avec succès par n'y rien comprendre.

5.
A force de se remplir d'étonnement, ils en font un de ces boucans, les points d'interrogation qui se heurtent dans la cafetière.

6.
Tout n'étant que cendres et promesses de cendres, je m'allume une clope, bois un verre de rhum, et me mets un morceau de Jimi Hendrix.

7.
Image cocasse du gars en poulet étranglé, long cou serré cassé bec amer et yeux en croix.

8.
Que le futur puisse juger le passé révèle bien des prétentions, et aussi que le présent se fait des illusions.

9.
"et l'abandon de toute notion rationnelle fait un bien fou." (signé c.c. in "Nova Magazine" n°65, mai 2000, p.58)

10.
Il passa le brouillard, traversa les apparences, tomba sur un mur.

11.
Quand une tuile vous tombe dessus, c'est généralement que vous tombez sur un os.

12.
J'aime l'expression "faire voler en éclats" pour le coup qu'elle porte, le tranchant de la main et l'onomatopée nippone.

13.
On n'est qu'un numéro, et pis qui sonne faux.

14.
Je n'apprécie guère la prétention à l'exemplarité en politique, cet art où seules les exceptions sont intéressantes.

15.
"Tout pourrait changer" dites-vous. Ouh la ! Ne me faites pas peur !

16.
J'aime ces dessins où de jolies frimousses esquissent une moue. Pas vous ?

17.
Relevé dans un vieux numéro du Nouvel Obs : "Les flammes n'éclairaient pas assez les visages" et le pressentiment d'un grand incendie dans l'être.

cf Pierre Ajame, "Le Nouvel Observateur" n°1176, 22-28 mai 1987, p.125.

18.
Je me demande si dans leurs vieux jours, les vieux maîtres ne jalousent pas les jeunes gens maladroits qui s'agitent dans leurs vieux os.

19.
Le réel est si perversement cruel qu'une voix douce ne peut l'être qu'étrangement.

20.

"Tu es ma terre
Mon désert qui s'en va
Tu es ma terre, ma mère et mon hiver..."
(Etienne Roda Gil / Julien Clerc, "Terre de France", 1974)

Patrice Houzeau
Hondeghem, le 29 août 2014